Pad de suture et fausse peau désignent le même support : une plaque de silicone qui imite la peau pour s’entraîner à suturer. Pour débuter, un pad translucide ou un pad à 3 couches suffit ; les pads multicouches (5 ou 6 couches), avec fascia et muscle, servent ensuite à la fermeture plan par plan. Aux ECOS, ce support s’appelle le carré de suture.
Fruits, pieds de porc, morceaux de poulet : les supports improvisés ne manquent pas, mais une fausse peau en silicone est plus propre, plus réaliste et réutilisable. Encore faut-il choisir le bon modèle selon votre niveau et les points que vous voulez travailler.
Dans ce guide :
- Pad de suture, fausse peau, carré de suture : de quoi parle-t-on ?
- Les principaux types de pads de suture
- Comment choisir votre pad selon votre niveau
- Entretenir votre pad pour le réutiliser
- Questions fréquentes
Pad de suture, fausse peau, carré de suture : de quoi parle-t-on ?
Les vendeurs parlent de pad de suture, de fausse peau, de coussin de suture ou de peau synthétique pour suture : tous ces termes désignent un support d’entraînement, le plus souvent en silicone. Le guide du candidat aux ECOS, lui, parle d’un « carré de suture cutanée ».
Pour comprendre ce que reproduit un pad, rappelez-vous que la peau comporte trois couches : l’épiderme en surface, le derme, épais et résistant, puis l’hypoderme, constitué surtout de graisse (le tissu sous-cutané). Plus un pad reproduit fidèlement ces couches, plus vos points se rapprochent de la réalité : profondeur de prise, éversion des berges, tension du fil.
Les principaux types de pads de suture
| Type de pad | Pour travailler | Niveau |
|---|---|---|
| Pad translucide | Profondeur et espacement des points | Débutant |
| Pad à 3 couches | Points cutanés, nœuds, éversion, surjet intradermique | Débutant à intermédiaire |
| Pad à 5 ou 6 couches | Fermeture plan par plan, points enfouis | Avancé |
| Pad spécialisé (lésions) | Biopsies, exérèses, plasties | Selon la spécialité |
Le pad translucide, pour débuter
Un pad translucide vous laisse voir le trajet du fil sous la surface. C’est utile pour comprendre la profondeur et l’espacement de vos points quand vous apprenez les bases : points séparés simples, surjet simple, sécurité des nœuds. Certains modèles portent des incisions prédécoupées ou des repères qui indiquent où passer ; pratiques au début, ils deviennent vite limitants.
Le pad à 3 couches, un bon compromis
Une fois les bases acquises, passez à un pad à 3 couches. Selon les fabricants, les couches représentent l’épiderme et le derme, le tissu sous-cutané et parfois un fascia ; d’autres modèles séparent épiderme, derme et graisse. La texture et l’élasticité se rapprochent de celles de la peau : c’est un bon support pour travailler la profondeur de prise, l’éversion des berges, la tension des nœuds, le point de Blair-Donati et, si la couche « derme » est assez épaisse, le surjet intradermique. Dans une étude australienne publiée en 2021, les 21 médecins participants ont tous mené à bien un surjet intradermique sur un pad en silicone à 3 couches (voir s’entraîner à suturer chez soi). Les modèles de qualité ont une couche supérieure qui résiste aux déchirures quand vous tirez le fil.
Beaucoup de pads existent en plusieurs teintes de peau. S’entraîner sur des teintes claires et foncées vous habitue à juger l’alignement et la tension de vos points sur toutes les peaux.
Les pads multicouches, pour aller plus loin
Les pads à 5 ou 6 couches, souvent inspirés de la paroi abdominale, ajoutent sous la peau un fascia et un plan musculaire (la composition exacte varie selon les fabricants) : ils permettent d’apprendre la fermeture plan par plan et les points enfouis. Les points dermiques profonds enfouis comblent l’espace mort et diminuent la tension sur la peau, comme le rappelle le Manuel MSD : encore faut-il un support assez épais pour les travailler.
Les pads spécialisés
Certains pads comportent des lésions cutanées ou des grains de beauté simulés. Ils servent à s’exercer aux biopsies (au punch, par rasage, exérèse) et aux techniques de reconstruction cutanée. Ils intéressent surtout les étudiants qui se destinent à la dermatologie ou à la chirurgie.
Comment choisir votre pad selon votre niveau
- Vous débutez (premiers ateliers, premier stage) : un pad translucide ou à 3 couches, pour les points séparés simples et le nœud au porte-aiguille.
- Vous préparez les ECOS ou vos premières gardes : un pad en silicone à 3 couches, pour les points simples et le point de Blair-Donati.
- Vous visez une spécialité chirurgicale : un pad multicouche pour la fermeture plan par plan et les points enfouis.
- Vous êtes en odontologie : un pad standard pour les nœuds et les points de base ; des pads de suture dentaire et des simulateurs de chirurgie orale existent ensuite.
Dans tous les cas, vérifiez la matière : du silicone plutôt que de la mousse ou du plastique. Fuyez les pads à la texture grasse, qui perdent des morceaux ou se fendent dès la première séance. Pour le reste du matériel, consultez notre guide pour choisir un kit de suture.
Entretenir votre pad pour le réutiliser
- Coupez les fils aux ciseaux plutôt que de les arracher.
- Changez de zone à chaque séance pour répartir l’usure, sans oublier les bords.
- Tracez de nouvelles incisions au bistouri quand les anciennes sont trop marquées.
- Rangez-le à plat, à l’abri de la chaleur et du soleil, avec vos instruments.
Le pad du Suture Practice Kit
Le Suture Practice Kit contient un pad de suture en silicone à 3 couches qui simule la peau, réutilisable : un maillage horizontal et vertical intégré prolonge sa durée de vie. Le kit comprend aussi un porte-aiguille de Hegar, une pince d’Adson, une pince mosquito, des ciseaux à iris, un manche de bistouri et des lames, 20 fils de suture d’entraînement assortis et un étui de rangement. Le kit est réservé à l’entraînement, par des adultes (18 ans et plus). Il n’est pas stérile, ne doit jamais être utilisé sur des personnes ou des animaux et contient des objets tranchants : tenez-le hors de portée des enfants.
Questions fréquentes
Pad de suture ou fausse peau : quelle différence ?
Aucune : les deux termes désignent le même support d’entraînement en silicone qui imite la peau. On parle aussi de coussin de suture, et de carré de suture aux ECOS.
Combien de fois peut-on réutiliser un pad ?
Il n’y a pas de chiffre fixe : tout dépend de la qualité du silicone et de votre façon de l’utiliser. En coupant les fils proprement et en changeant de zone à chaque séance, un pad en silicone de bonne qualité sert pendant de nombreuses séances.
Peut-on travailler le surjet intradermique sur un pad ?
Oui, sur un pad à plusieurs couches dont la couche « derme » est assez épaisse pour que le fil y circule sous la surface. Un pad translucide fin s’y prête moins bien. Le principe de ce point est détaillé dans notre guide des types de points de suture.
Qu’est-ce que le carré de suture des ECOS ?
C’est le support sur lequel vous réalisez la suture si votre circuit en comporte une : le guide du candidat 2026 cite « un carré de suture cutanée, avec matériel de suture » parmi le matériel de simulation possible, et les plateformes de préparation le décrivent en silicone. Nous détaillons cette station dans notre article suture aux ECOS.
Pour aller plus loin
Pour apprendre les points de suture en français, consultez notre manuel Suturez comme un chirurgien. Pour un pad et des instruments réunis, découvrez le Suture Practice Kit. Lisez ensuite nos conseils pour vous entraîner à suturer chez vous et notre guide des types de points de suture.