Le matériel de suture de base comprend un porte-aiguille (par exemple de Mayo-Hegar), une pince à disséquer comme la pince d’Adson, des ciseaux, un manche de bistouri n°3 avec ses lames et des fils de suture. Pour s’entraîner, on y ajoute un pad de suture en silicone et un étui de rangement.
Connaître le nom et le rôle de chaque instrument vous fera gagner du temps : en stage, quand on vous demande « la pince à griffes » ou « une lame de 15 », et aux ECOS, où vous expliquez à voix haute ce que vous faites. Voici le matériel de suture d’entraînement, élément par élément.
Dans ce guide :
- Le matériel de suture en un coup d’œil
- Le porte-aiguille
- Les pinces : à disséquer, d’Adson, mosquito
- Le bistouri : manche n°3 et lames
- Les ciseaux
- Les fils de suture d’entraînement
- Le pad de suture et l’étui
- Questions fréquentes
Le matériel de suture en un coup d’œil
| Élément | Rôle | À retenir |
|---|---|---|
| Porte-aiguille | Saisir et guider l’aiguille de suture | Mayo-Hegar pour débuter |
| Pince à disséquer (Adson) | Présenter et éverser les berges | Avec griffes pour la peau |
| Pince mosquito | Petite pince hémostatique | Jamais sur les berges |
| Ciseaux à iris | Couper les fils | Pointes fines, droites ou courbes |
| Manche de bistouri n°3 | Porter la lame | Lames n°11 et n°15 |
| Fils de suture | Rapprocher les berges | Résorbable ou non, monofilament ou tressé |
| Pad de suture | Simuler la peau pour s’entraîner | Silicone, plusieurs couches |
Le porte-aiguille
Le porte-aiguille, que beaucoup appellent « pince porte-aiguille », est l’instrument central de la suture. Il ressemble à une pince hémostatique, avec des mors courts et striés et une crémaillère qui le verrouille. On le tient en général comme des ciseaux, le pouce et l’annulaire dans les anneaux, l’index allongé sur les branches pour stabiliser : c’est la rotation du poignet qui fait passer l’aiguille.
Porte-aiguille de Mayo-Hegar
Le modèle de base, en médecine humaine comme vétérinaire : des mors courts et solides, polyvalents. C’est le bon choix pour débuter.
Porte-aiguille d’Olsen-Hegar
Il associe porte-aiguille et ciseaux : une partie tranchante, derrière les mors, coupe le fil sans changer d’instrument. Pratique quand on opère sans aide, mais on peut couper le fil par erreur.
Porte-aiguille de Castroviejo
Très fin et monté sur ressort, il se tient comme un crayon et se manipule du bout des doigts. On l’utilise surtout pour les sutures fines : chirurgie ophtalmologique, microchirurgie, chirurgie dentaire.
Mathieu et Crile-Wood, deux autres classiques
Le porte-aiguille de Mathieu, bien connu en France, n’a pas d’anneaux : il se tient dans la paume et se verrouille ou se déverrouille en serrant la poignée. Le Crile-Wood ressemble au Mayo-Hegar, avec des mors plus fins. Les habitudes varient selon les services : en stage, demandez quel modèle est utilisé.
Les pinces : à disséquer, d’Adson, mosquito
Pince à disséquer avec ou sans griffes
La pince à disséquer se tient comme un crayon, dans la main non dominante. Elle sert à présenter les berges, à les éverser et à récupérer l’aiguille. La version avec griffes, munie de petites dents au bout des mors, assure une prise sûre en serrant peu : c’est elle que l’on utilise sur la peau, comme le recommande le Manuel MSD, qui parle de pince dentée. La version sans griffes, à mors striés, est destinée aux tissus fragiles ; sur la peau, elle oblige à serrer plus fort et écrase davantage.
Pince d’Adson
La pince d’Adson est une pince à disséquer courte, à large prise et à pointes fines, qui existe avec ou sans griffes (souvent une griffe d’un côté, deux de l’autre). On la trouve dans de nombreux kits de suture, car elle saisit les berges avec délicatesse.
Pince mosquito
La pince mosquito, ou pince de Halsted, est une petite pince hémostatique droite ou courbe, à mors finement striés et à crémaillère. Elle sert à clamper de petits vaisseaux ou à tenir un fil. Ne saisissez jamais les berges avec elle : une pince hémostatique écrase les tissus.
Le bistouri : manche n°3 et lames
Le bistouri se compose d’un manche réutilisable et d’une lame jetable qui s’y emboîte. Le manche n°3, celui des petites lames, reçoit notamment :
- la lame n°15, petite lame à tranchant courbe, pour les incisions cutanées précises ;
- la lame n°11, triangulaire et pointue, pour les incisions punctiformes et les coupes fines.
Sur un pad, le bistouri vous sert à tracer vos propres incisions, de formes et de longueurs variées. Montez et retirez toujours la lame avec le porte-aiguille ou une pince, jamais avec les doigts, et jetez les lames usagées dans un contenant rigide.
Les ciseaux
Les kits de suture contiennent en général des ciseaux à iris : petits, très pointus, à lames droites ou courbes. Conçus à l’origine pour la chirurgie de l’œil, ils servent aujourd’hui aux gestes fins de nombreuses spécialités ; sur un pad, ils vous servent à couper les fils. Au bloc, on coupe plutôt les fils avec des ciseaux à fils ou des ciseaux de Mayo, plus robustes, pour ne pas émousser les ciseaux fins réservés à la dissection.
Les fils de suture d’entraînement
Un bon kit comprend plusieurs fils, car chaque matériau se noue différemment :
- Non résorbables : polyamide (nylon), polypropylène, polyester, soie ; en clinique, ils ferment surtout la peau et sont retirés ensuite.
- Résorbables : polyglactine, poliglécaprone, polydioxanone ; dégradés par l’organisme, ils servent surtout aux plans profonds.
- Monofilament ou tressé : le monofilament glisse bien dans les tissus mais ses nœuds tiennent moins bien ; le fil tressé est souple et se noue facilement, mais il provoque davantage de réaction tissulaire.
Le calibre s’écrit 3/0, 4/0, 5/0… : plus il y a de zéros, plus le fil est fin (un fil synthétique 3/0 mesure environ 0,2 mm). Pour débuter sur un pad, un 3/0 ou un 4/0 se manipule plus facilement qu’un fil très fin. Détails dans notre guide des types de fils de suture.
Le pad de suture et l’étui
Le pad de suture, ou fausse peau, est une plaque de silicone qui imite la peau (épiderme, derme, hypoderme) ; un bon pad en reproduit plusieurs couches. Plus propre qu’une banane ou un pied de porc, il se réutilise. Méfiez-vous d’un pad gras, en mousse ou en plastique, qui perd des morceaux ou ne supporte qu’une séance. Notre article pad de suture ou fausse peau compare les modèles.
Enfin, un étui de rangement garde instruments, lames et fils au même endroit : une bonne habitude à prendre dès l’entraînement, et aucune lame ne traîne.
Ce que contient notre Suture Practice Kit
Le Suture Practice Kit réunit ce matériel d’entraînement : un pad de suture en silicone à 3 couches qui simule la peau (réutilisable), un porte-aiguille de Hegar, une pince d’Adson, une pince mosquito, des ciseaux à iris, un manche de bistouri, des lames de bistouri (lot de 3), 20 fils de suture d’entraînement assortis et un étui de rangement à fermeture éclair. Il est accompagné d’un ebook gratuit et de vidéos du Dr Buck Parker, chirurgien spécialisé en chirurgie générale et en traumatologie, en anglais. Le kit est réservé à l’entraînement, par des adultes (18 ans et plus). Il n’est pas stérile, ne doit jamais être utilisé sur des personnes ou des animaux et contient des objets tranchants : tenez-le hors de portée des enfants.
Questions fréquentes
Comment s’appelle la pince pour suturer ?
C’est le porte-aiguille, souvent appelé « pince porte-aiguille » : il tient l’aiguille pendant que l’autre main, avec une pince à disséquer, présente les berges. Pour apprendre, le Mayo-Hegar est un bon point de départ.
Quelle différence entre Mayo-Hegar, Olsen-Hegar et Castroviejo ?
Le Mayo-Hegar est le porte-aiguille polyvalent, à anneaux et crémaillère. L’Olsen-Hegar y ajoute des ciseaux pour couper le fil sans changer d’instrument. Le Castroviejo, fin et à ressort, se tient comme un crayon pour les sutures très fines (œil, microchirurgie, chirurgie dentaire).
Bistouri ou scalpel : quelle différence ?
Les deux mots désignent un petit couteau chirurgical et s’emploient souvent comme synonymes. En France, au bloc comme aux urgences, on dit surtout « bistouri » (un manche et une lame jetable) ; « scalpel », moins employé dans les services, évoque plutôt la dissection anatomique.
Lame n°11 ou n°15 ?
La lame n°15, petite et courbe, sert aux incisions cutanées précises. La lame n°11, triangulaire et pointue, sert aux incisions punctiformes et aux coupes fines. Les deux se montent sur un manche n°3.
Pince avec ou sans griffes : quelle utilisation ?
Sur la peau, on utilise la pince à griffes : elle tient bien en serrant peu, donc écrase moins. La pince sans griffes est réservée aux tissus fragiles, qu’il faut saisir sans les perforer.
Pour aller plus loin
Pour apprendre à utiliser ce matériel pas à pas, en français, consultez notre manuel Suturez comme un chirurgien. Pour avoir tout le matériel d’entraînement réuni, découvrez le Suture Practice Kit. Lisez ensuite notre guide pour choisir un kit de suture et nos conseils pour apprendre à suturer.